La réponse courte
Oui — et Milan est la ville italienne où un achat se finance le plus simplement, parce que c'est la plus liquide. Environ 26 000 logements ont changé de mains dans la commune en 2025, en hausse de 8,3% sur un an, et plus de 81 500 sur l'ensemble de l'aire métropolitaine. Ce qui change d'un acheteur à l'autre, ce n'est pas la possibilité d'emprunter, mais le montant : il dépend de votre statut de résidence, pas de votre nationalité.
Pourquoi Milan continue de creuser l'écart avec le reste de l'Italie
Milan est le moteur économique de l'Italie, et l'écart avec le reste du pays continue de se creuser plutôt que de se réduire. Assolombarda attend une croissance du PIB milanais de 1,7% en 2026, au-dessus du chiffre national, portée par l'industrie, les services et les Jeux olympiques d'hiver Milan-Cortina — les Jeux à eux seuls devraient générer environ 2,5 milliards d'euros de production sur le territoire. C'est là que se trouvent la Bourse, la plupart des sociétés cotées et les sièges italiens d'une large part des multinationales, aux côtés des pôles finance, mode, design et pharmacie.
Cette économie attire, depuis le reste de l'Italie comme depuis l'étranger. Fin 2025, la ville comptait 295 805 résidents sans citoyenneté italienne sur 1 399 079 — plus de 21%, contre environ 9% pour l'Italie entière — issus de plus de 150 nationalités. Ajoutez la population étudiante internationale de la Bocconi, du Politecnico, de la Cattolica et de la Statale, et vous obtenez le schéma que je vois chaque semaine dans mes dossiers : des acheteurs arrivés pour un poste ou un diplôme, restés sur place, et qui veulent aujourd'hui cesser de louer.
Le flux qui produit ce résultat est atypique, même pour une grande ville. Entre 2023 et 2025, Milan a enregistré un solde migratoire avec l'étranger de +45 662 résidents — le plus élevé d'Italie — tout en perdant 22 099 habitants au profit du reste du pays, là aussi le chiffre le plus élevé d'Italie (ISTAT). Aucune autre ville italienne n'attire et ne perd des habitants à cette échelle en même temps. La composition n'est pas non plus celle que l'on imagine : parmi les résidents originaires de pays à haut revenu, les Français forment le premier groupe de la ville avec 4 203 personnes, davantage que les communautés britannique et américaine réunies.
Le marché est réellement liquide — à la vente comme à la location. Cela compte plus qu'il n'y paraît. Environ 26 000 logements ont été vendus dans la commune en 2025 et plus de 81 500 sur l'aire métropolitaine fonctionnelle, pour un chiffre d'affaires proche de 12 milliards d'euros. Côté locatif, Milan affiche le loyer moyen le plus élevé d'Italie, autour de 1 338 € par mois, avec des hausses de 6 à 8% sur un an dans les secteurs les plus demandés. Pour un acheteur, cette profondeur des deux côtés signifie la même chose : si vos projets changent, vous pouvez revendre ou louer sans attendre un marché étroit. Ce n'est pas le cas de la plupart des localités de résidence secondaire italiennes, où une revente peut prendre nettement plus longtemps — l'une des raisons pour lesquelles je traite Milan et l'immobilier de lac ou de bord de mer comme deux propositions d'investissement différentes (voir crédit ou comptant pour la place de la liquidité dans cette décision).
Milan est aussi devenue une vraie ville touristique. La ville a clôturé 2025 sur un record d'environ 8,7 à 8,8 millions d'arrivées, dont près des deux tiers de visiteurs étrangers, et février 2026 a ajouté les Jeux olympiques d'hiver — Linate et Malpensa ont enregistré des hausses de trafic exceptionnelles pendant la période des Jeux. Le Salone del Mobile et les fashion weeks produisaient déjà des pics de demande locative courts et très intenses ; les infrastructures olympiques et la visibilité internationale qui les accompagne étendent le calendrier plutôt qu'elles ne le remplacent.
Chère pour l'Italie — encore bon marché pour une capitale européenne. La moyenne municipale s'établissait autour de 5 675 €/m² à la mi-2026, en hausse de 2,6% sur 2025. À comparer avec Munich et Paris, autour de 10 700 à 10 800 €/m², Londres autour de 9 300 € et Amsterdam autour de 8 350 € : Milan se situe plus près de Madrid que des villes avec lesquelles elle rivalise pour les talents et les capitaux. Et cela sans signaux d'alerte — dans l'UBS Global Real Estate Bubble Index 2025, Milan obtient un score de 0,01, l'un des plus bas de toute l'étude, et figure dans le groupe à risque faible aux côtés de Londres et de Paris. Les prix montent depuis dix ans, mais les loyers, les revenus et le crédit ont suivi.
Ce qui tire réellement le marché. Trois éléments concrets. Les infrastructures : la ligne de métro M4 relie désormais Linate au reste de la ville, ce qui a repositionné tout un corridor d'adresses jusque-là périphériques. La régénération urbaine : Porta Nuova et CityLife sont achevés et valorisés en conséquence, tandis que Scalo Farini, Santa Giulia et l'ancien village olympique de Porta Romana — reconverti en résidence étudiante après les Jeux — transforment encore leurs quartiers. Et l'offre : la construction neuve reste limitée à Milan au regard de la demande qui arrive chaque année, ce qui explique que le neuf se vende vite et avec une prime. Les régimes fiscaux jouent aussi leur rôle, puisque le régime des impatriés comme la flat tax de 300 000 € pour les nouveaux résidents amènent des gens en ville plutôt qu'à la campagne.
Les contreparties sont réelles et méritent d'être dites. Les prix d'entrée dans les quartiers centraux sont élevés à l'échelle italienne ; les rendements locatifs bruts en secteur prime sont comprimés autour de 3 à 3,5%, bien en dessous de ce que rapporte une adresse semi-centrale ou périphérique ; et les règles de la location de courte durée évoluent encore, au niveau national comme municipal. Milan est un marché dans lequel on entre pour la profondeur et la liquidité, pas pour le rendement affiché.
Qui achète à Milan — cinq profils
Presque tous les dossiers milanais que j'ouvre relèvent de l'un de ces cinq schémas. Le tableau est le moyen le plus rapide de vous situer ; les paragraphes qui suivent expliquent ce que chaque profil doit réellement gérer, et le tableau des quartiers plus bas indique où chacun achète.
| Profil | Achète en | Quotité typique | Principale complication |
|---|---|---|---|
| Installation avec un contrat italien | Prima casa | Jusqu'à 80% une fois résident ; 60 à 80% en détachement | Enchaîner résidence et demande de crédit dans le bon ordre — et les semaines qu'une banque peut perdre sur un dossier détachement ou impatriés |
| Installation en indépendant (partita IVA) | Prima casa | 50-60% seul ; jusqu'à 80% avec un co-emprunteur qualifiant | Résidence récente et numéro de TVA neuf — le dossier le plus difficile des cinq |
| Travaille à Milan, résident à l'étranger (pied-à-terre) | Résidence secondaire | 60% standard | Plafond non-résident et fiscalité de résidence secondaire |
| Investisseur, ou parent d'étudiant | Résidence secondaire | 60% | Les loyers futurs ne sont pas comptés comme revenus |
| Italien AIRE qui rentre, ou prépare son retour | Prima casa ou secondaire, selon le calendrier | 60 à 80% | Acheter à distance, et le moment du transfert de résidence |
Installation avec un contrat italien. C'est le dossier le plus simple : une fois résident en Italie avec un contrat de travail italien, vous êtes évalué comme n'importe quel emprunteur résident et jusqu'à 80% de quotité est envisageable. Deux éléments décident de l'issue : le calendrier et le type de contrat. La résidence doit être enregistrée avant ou en même temps que la demande pour que la quotité résident s'applique — l'ordre compte, et c'est détaillé dans le guide sur la coordination entre résidence et crédit. Il existe une deuxième complication qui prend les gens de court, et elle ne tient pas à la solidité de leur dossier : le temps qu'une banque y perd. La plupart des prêteurs arrivent à la bonne réponse sur un contrat de détachement ou sur un revenu sous le régime des impatriés — à la longue. Ce qui change, c'est le chemin. Certains ne tiennent aucun compte de l'avantage fiscal et dimensionnent le prêt sur un revenu net inférieur à celui que vous percevez réellement. D'autres renvoient le dossier deux fois pour des pièces que le service d'instruction n'a pas comprises. D'autres encore le refusent, non pas parce qu'il cloche, mais parce que le profil leur semble atypique. Rien de tout cela ne se présente comme un « non » que l'on peut discuter : cela se présente en semaines. Choisir une banque qui a déjà vu ce profil, c'est ce qui les fait gagner. Si vous êtes ici en détachement depuis une maison mère étrangère plutôt qu'en contrat local, la fourchette est généralement de 60 à 80% : plus l'ancienneté de résidence est longue et l'employeur structuré, plus on se rapproche de 80%. Ce profil a son propre guide — crédit immobilier en détachement (distacco, en anglais) — et un guide plus large sur l'installation en Italie.
S'installer en indépendant. Ce profil est fréquent et systématiquement mal servi. Vous vous installez en Italie — pour le régime fiscal, pour un conjoint qui vit ici, pour le cadre de vie — et votre employeur à l'étranger est trop petit ou trop réticent pour ouvrir une paie italienne ou monter un détachement en bonne et due forme. Vous ouvrez donc une partita IVA et continuez à facturer la société dont vous étiez salarié. Économiquement, rien n'a changé : même client, même travail, souvent le même revenu. Sur le papier, tout a changé. Vous êtes résident, mais depuis peu ; votre numéro de TVA est neuf ; et vous n'avez encore aucune déclaration italienne, ou exactement une. Les banques italiennes évaluent les indépendants sur deux à trois ans de revenus déclarés et retiennent en général le plus bas entre la moyenne sur deux ans et la dernière année — une règle qui, appliquée à la lettre, ne leur laisse presque rien à évaluer. C'est le plus difficile des cinq profils — mais ce n'est pas une impasse, et la raison mérite d'être connue. Certaines banques évaluent ce revenu sur la continuité plutôt que sur la date d'immatriculation : elles demandent les contrats de travail détenus dans le pays d'origine, appuyés par les déclarations de revenus qui y ont été déposées, le contrat derrière la partita IVA actuelle, et des factures émises à un rythme régulier. Documenté ainsi, le dossier peut être instruit avant d'avoir déposé la moindre déclaration italienne. Que cela fonctionne dépend de la présentation, de la quotité demandée — ce profil respire beaucoup mieux autour de 50-60% qu'au plafond —, du bien, du rapport mensualité/revenu et de la nature de votre activité. Ce sont les variables que gère un conseiller : quelle banque voit le dossier, à quelle quotité, avec quelles pièces. L'historique de facturation nécessaire, les délais et ce que change un co-emprunteur y sont traités en détail. Ce profil a désormais son propre guide — un crédit immobilier italien sur une partita IVA toute neuve (en anglais) — et la mécanique complète reste dans le guide sur les dossiers d'indépendants (en anglais) ; si l'installation est aussi un mouvement fiscal, coordonnez-la avec le régime des impatriés, qui s'applique aussi aux revenus d'activité indépendante.
Travailler à Milan en restant résident à l'étranger. Consultants qui passent deux semaines par mois sur place, cadres qui font la navette depuis Lugano, Londres ou Paris, entrepreneurs avec une clientèle italienne : l'acheteur de pied-à-terre représente une part importante et croissante de mes dossiers milanais. L'achat est une résidence secondaire, la limite standard est de 60% de quotité, et les ratios supérieurs existent pour des profils exceptionnels mais restent vraiment rares — prévoyez 40% d'apport, plus les frais. Deux points pratiques : l'appartement n'a pas besoin d'être grand pour être finançable, mais le prêt doit tout de même dépasser le minimum bancaire ; et acheter en non-résident ne vous empêche pas de transférer votre résidence plus tard, cela change simplement la fiscalité de l'achat au moment de l'acte.
Investisseurs et parents d'étudiants. Milan est le marché locatif urbain le plus profond d'Italie, ce qui en fait le choix par défaut pour un dossier locatif, et les quartiers universitaires ajoutent une seconde couche de demande très prévisible. La contrainte de financement à connaître à l'avance : les banques italiennes ne comptent pas le loyer espéré comme revenu pour dimensionner le prêt. Le crédit est évalué sur vos revenus existants, et le loyer est un bonus. Le guide investissement et résidence secondaire explique comment cela se passe en pratique.
Les Italiens AIRE qui rentrent. Les Italiens inscrits à l'AIRE qui décident de rentrer reviennent bien plus souvent à Milan qu'ailleurs, et beaucoup achètent avant le retour plutôt qu'après — soit pour préparer sérieusement le déménagement, soit simplement pour avoir un point d'ancrage en ville tant qu'ils sont encore à l'étranger. Le groupe est plus important qu'il n'y paraît de l'extérieur : 13% des personnes qui s'inscrivent à Milan en venant de l'étranger ont un passeport italien, soit environ 2 900 personnes par an. La partie technique est entièrement couverte par les guides dédiés, en anglais et en italien : acheter en prima casa tout en étant encore AIRE, la fenêtre de 18 mois pour transférer la résidence, et ce qui change si le retour est repoussé. Ce qui est propre à Milan, c'est le volet pratique — vous achèterez généralement à distance, donc une procuration pour l'acte, un cahier des charges clair sur le quartier et un accord bancaire obtenu depuis l'étranger sont ce qui fait fonctionner l'opération. Si le retour est aussi un mouvement fiscal, le régime des impatriés est en général la pièce à coordonner avec l'achat.
Le marché en chiffres (2026)
Prix affichés à Milan par secteur — indicatifs, mi-2026
| Secteur | €/m² indicatif | Qui achète |
|---|---|---|
| Centre historique / Quadrilatero | 10 000–12 000 €+ | Acheteurs internationaux, flat tax |
| Brera | 10 000–12 000 € | Pied-à-terre, résidences secondaires |
| Porta Nuova / Garibaldi / Isola | environ 10 000 € | Neuf, cadres, non-résidents |
| CityLife | environ 10 700 € | Neuf, familles en mobilité |
| Porta Romana / Bocconi | environ 7 300 € | Cadres en installation, parents d'étudiants |
| Navigli / Porta Genova | environ 6 400 € | Premiers achats, investisseurs locatifs |
| Città Studi / Lambrate | environ 5 700 € | Location étudiante, primo-accédants |
| Bicocca / Niguarda / Bovisa | environ 4 000 € | Investisseurs orientés rendement |
| Quartiers périphériques (Bisceglie–Baggio) | environ 3 200 € | Achats résidents contraints par le budget |
| Moyenne de la ville | environ 5 675 € | +2,6% sur 2025 |
Fourchettes de prix affichés compilées à partir de données publiques du marché italien pour la mi-2026 (cotations OMI de l'Agenzia delle Entrate et indices de portails). Les valeurs réelles varient fortement selon la rue, l'étage, l'état et la classe énergétique — un appartement rénové avec ascenseur et balcon et un appartement non rénové dans le même immeuble peuvent être séparés de 30%. Les attiques des quartiers neufs prime se traitent bien au-delà de ces fourchettes.
Combien pouvez-vous emprunter, et les chiffres qui comptent ici
Le cadre de quotité est le même dans toute l'Italie, et le détail se trouve dans le guide général du crédit immobilier pour expatriés. Ce qui est propre à Milan, c'est l'arithmétique qui découle des prix ci-dessus.
Il existe un plancher : la plupart des banques italiennes n'ouvrent pas de dossier en dessous d'environ 100 000 € de crédit, et en dessous de 75 000 € environ aucun prêteur du marché n'instruit le dossier. À 60% pour un non-résident, cela suppose un bien d'environ 170 000 € minimum. À Milan, vous ne toucherez pour ainsi dire jamais ce plancher — un studio en périphérie le dépasse. Il devient en revanche une contrainte réelle ailleurs en Italie, ce qui explique que des acheteurs comparant un appartement milanais et un petit bien de province découvrent parfois qu'un seul des deux est finançable.
Dans l'autre sens : un deux-pièces rénové à 430 000 € — un ticket typique à Porta Romana ou aux Navigli — représente 344 000 € de crédit à 80% pour un résident, ou 258 000 € à 60% pour un non-résident, soit 86 000 € ou 172 000 € d'apport, plus les frais d'acquisition. À taux fixe autour de 3% et quelques dixièmes sur 25 ans, le prêt de 344 000 € tourne autour de 1 700 € par mois et celui de 258 000 € autour de 1 280 €. Les taux bougent : prenez ces chiffres comme des ordres de grandeur, pas comme une offre. Ce qui ne bouge pas, c'est l'écart d'apport entre les deux profils — et c'est en général le chiffre qui détermine quels appartements sont réellement à votre portée.
Milan ou la première couronne ?
Le flux sortant évoqué plus haut n'est pas une abstraction, et il mérite d'être compris avant de fixer un quartier. Sur la seule année 2025, 40 231 personnes ont transféré leur résidence de Milan vers une autre commune italienne — le chiffre le plus élevé des sept dernières années — et la première destination est l'aire métropolitaine immédiate. Milan accueille de jeunes adultes qui louent et restitue des trentenaires et quadragénaires qui achètent. Si vous arrivez à 28 ans pour un poste et achetez à 38, la probabilité statistique d'acheter hors de la commune est réelle.
L'écart de prix en est la raison. Les appartements de la couronne s'échangent autour de 2 500 €/m² en moyenne, face aux valeurs milanaises du tableau ci-dessus ; ils sont plus grands — environ 97 m² contre 85 m² dans Milan — et le prix moyen d'un appartement entier y est d'environ 244 000 € contre près de 504 000 € en ville. Sesto San Giovanni, sur la M1 et en attente du prolongement de la M5, se situe autour de 3 035 €/m² ; le corridor ouest autour de Corsico et Buccinasco atteint 4 500 €/m² pour les meilleurs produits ; la moyenne de Monza et de la Brianza tourne autour de 2 175 €/m². Les prix de la couronne progressent aussi plus vite que ceux de la ville, d'environ 5,9% sur douze mois.
Là où cela change le crédit, et pas seulement le budget. Le plancher de 100 000 € n'est jamais une contrainte dans Milan, comme indiqué plus haut. Dans la couronne, il peut le devenir. Un deux-pièces à 140 000 € dans une commune périphérique, financé à la quotité non-résident standard de 60%, représente un crédit de 84 000 € — sous le seuil d'ouverture de dossier de la plupart des banques, et proche des 75 000 € en dessous desquels plus personne n'instruit. Trois sorties possibles : augmenter la quotité, ce qui suppose d'être résident avec un contrat italien ; acheter un bien plus grand ou mieux placé pour que le crédit dépasse le minimum ; ou ramener l'achat dans Milan, où le même budget offre moins de surface mais se finance plus facilement. C'est le seul cas de cette page où le bien le moins cher est le plus difficile à financer.
La couronne change aussi le profil auquel elle convient. Un pied-à-terre n'a de sens que là où l'on doit réellement être : le navetteur résident à l'étranger y trouve rarement son compte. En revanche elle convient bien à la famille qui s'installe et à l'Italien AIRE qui rentre, en particulier là où la M4, la M5 ou le Passante mettent le bureau à moins d'une demi-heure.
Acheter du neuf à Milan
Milan construit plus de logements neufs que toute autre ville italienne, et cela se voit dans mes dossiers : environ un tiers des opérations milanaises que je traite sont des achats au promoteur, concentrés sur Porta Nuova, CityLife, Scalo Farini, Santa Giulia et les anciennes gares de triage réaménagées. Trois choses diffèrent d'un achat dans l'ancien.
Le calendrier ne s'aligne pas tout seul. Le crédit se conclut à l'acte final, à la livraison de l'immeuble — or le chantier dure fréquemment plus longtemps que la durée de validité d'un accord bancaire. La bonne méthode consiste à séparer les deux questions : obtenir tôt un accord de principe sur les revenus (predelibera), pour connaître votre capacité d'emprunt avant de vous engager auprès du promoteur, puis déposer la demande formelle près de la livraison, afin que l'accord soit encore valide à la signature de l'acte. Les acheteurs qui déposent une demande formelle dès la réservation doivent souvent refaire toute l'instruction dix-huit mois plus tard, sur la base de leurs revenus et du marché de l'époque.
La TVA se paie en liquidités, et le crédit ne la couvre pas. Un achat au promoteur est soumis à la TVA et non aux droits d'enregistrement — 10% en résidence secondaire, ou 4% si vous transférez votre résidence et achetez en prima casa. Sur un prix milanais, la somme est substantielle, elle se situe entièrement hors du montant financé, et c'est la première raison pour laquelle un budget « neuf » se révèle plus serré que prévu. Le guide des frais de crédit et d'acquisition en Italie explique comment elle s'articule avec les autres postes.
L'expertise est la partie facile. C'est la compensation. Sur du neuf, la valeur expertisée correspond presque toujours au prix de vente, et la situation cadastrale et urbanistique est propre : l'expertise réserve donc rarement les surprises qui peuvent faire dérailler un achat dans un immeuble ancien. Et parce que la construction neuve est livrée en classe énergétique A ou B, elle donne accès aux produits de crédit « verts » que toutes les grandes banques italiennes proposent désormais : en pratique une décote d'environ 0,20 à 0,30 point sur le taux, ce qui représente une somme réelle sur 25 ans. Les appartements lourdement rénovés atteignant une classe élevée peuvent y prétendre au même titre — la question mérite d'être posée avant de conclure qu'un immeuble ancien en est exclu.
Ce qui change quand on achète en ville
Presque tous les achats milanais portent sur un appartement en copropriété (condominio), ce qui introduit une série de vérifications inexistantes pour une maison individuelle. Demandez les procès-verbaux d'assemblée des deux ou trois dernières années et les comptes annuels avant de signer quoi que ce soit : ils indiquent si un ravalement, un remplacement d'ascenseur ou une conversion de chauffage a été voté sans être encore payé, et qui en est redevable après la vente. Demandez aussi les charges de copropriété par écrit — dans un immeuble central bien équipé, elles peuvent atteindre plusieurs milliers d'euros par an, et elles pèsent davantage sur votre budget mensuel qu'un cinquième de point sur le taux.
La classe énergétique est l'autre variable proprement urbaine. Une large part du parc milanais date des années 1950 à 1970 : immeubles solides, bien situés, souvent généreux en surface, et fréquemment en classe F ou G avec un chauffage centralisé au gaz. Cela n'empêche pas un crédit, mais cela vous exclut de la décote verte et met une dépense de rénovation à l'horizon. L'expert regardera l'état de l'immeuble dans son ensemble, pas seulement votre appartement — un immeuble des années 1960 bien entretenu s'expertise sans difficulté, un immeuble négligé beaucoup moins.
Louer quand vous n'êtes pas là
Louer l'appartement est compatible avec un crédit, et pour les profils pied-à-terre et investisseur cela fait généralement partie du projet dès le départ. Le cadre actuel, en bref : la location de courte durée exige un CIN, le code d'identification national, qui doit figurer dans chaque annonce et être affiché au bien ; la cedolare secca forfaitaire est de 21% sur le premier bien loué en courte durée et de 26% à partir du deuxième ; et louer plusieurs logements fait basculer l'activité dans le champ professionnel, avec l'assujettissement à la TVA et les obligations qui suivent. Milan applique par ailleurs des règles municipales sur les locations touristiques, resserrées et révisées à plusieurs reprises — vérifiez l'état du droit au moment de l'achat plutôt que de vous fier à l'an dernier.
Sur les charges récurrentes, l'IMU s'applique à tout bien qui n'est pas votre résidence principale : le taux milanais pour les résidences secondaires et les logements tenus à disposition est de 1,14% de la base cadastrale revalorisée pour 2026, payable en deux échéances en juin et en décembre. Rendements bruts, pour se repérer : environ 3 à 3,5% dans les quartiers centraux prime, 3,5 à 4,5% en semi-central, et au-delà de 5% dans les quartiers extérieurs et la première couronne de communes. Net d'IMU, de charges de copropriété et de gestion, le prime milanais est une opération de préservation du capital assortie d'un revenu modeste, plus qu'un investissement de rendement — et c'est exactement ainsi que la plupart de mes clients l'abordent.
Quatre dossiers milanais de 2026
Des cas réels de 2026, anonymisés et avec les détails identifiants modifiés — les profils ci-dessus, traduits en chiffres.
La plupart des témoignages clients de ce site (en anglais) portent sur des achats milanais — utiles pour voir comment le processus s'est réellement déroulé.
Frais et calendrier, brièvement
Rien dans la mécanique de l'achat n'est propre à Milan, je fais donc court. En règle générale, comptez 7 à 12% du prix en frais d'acquisition en sus de l'apport — plutôt le bas de la fourchette avec les taux prima casa, plutôt le haut sans ; un achat au promoteur remplace les droits d'enregistrement par la TVA, comme expliqué plus haut. Le délai standard entre l'offre et l'acte est de 60 à 90 jours. Le détail complet se trouve dans le guide des frais et dans le processus étape par étape.
Vous achetez depuis la France ? Le guide pour les acheteurs français → couvre revenus en euros, dossier bancaire et fiscalité.
Vous comparez avec un achat au lac ou à la montagne ? Voir le guide de la Val d'Aoste → ou le guide du lac de Côme (en anglais) →
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Trente minutes suffisent pour savoir à quel profil vous appartenez, quelle quotité viser, et à quoi ressemble réellement l'écart d'apport sur les appartements que vous regardez.
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Oui. Travailler à Milan sans y être résident est l'un des profils les plus fréquents que je traite, et les banques italiennes le financent couramment — l'achat est traité comme une résidence secondaire (seconda casa), et la limite standard est de 60% de quotité de financement. Dépasser 60% en tant que non-résident reste possible mais rare, et réservé à des dossiers exceptionnellement solides. Ce n'est pas la nationalité qui décide : ce sont le statut de résidence, la devise des revenus et la solidité de l'employeur.
Cela dépend de votre résidence, pas du bien. Un résident avec un contrat de travail italien emprunte normalement jusqu'à 80% : un appartement à 500 000 € demande donc environ 100 000 € d'apport, plus les frais d'acquisition. Un non-résident achetant le même bien à 60% doit apporter 200 000 €, plus les frais. Les salariés en détachement se situent entre les deux, généralement 60 à 80% selon l'ancienneté de résidence et la solidité de l'employeur.
En pratique, la plupart des banques italiennes n'ouvrent pas de dossier en dessous d'environ 100 000 € de crédit, et en dessous de 75 000 € environ aucun prêteur n'instruit. À 60% de quotité pour un non-résident, un prêt de 100 000 € suppose un bien d'environ 170 000 €. À Milan, cette limite ne se rencontre presque jamais — elle devient contraignante dans les petites villes de province, où un prix d'achat modeste laisse le prêt sous le minimum bancaire.
Oui, et environ un dossier milanais sur trois que je traite porte sur du neuf. Deux choses fonctionnent différemment. D'abord, le crédit se conclut à l'acte final, pas à la signature avec le promoteur — or le chantier dure souvent plus longtemps que la validité d'un accord bancaire : la demande formelle se cale donc sur la livraison, avec un accord de principe sur les revenus (predelibera) obtenu en amont pour avoir de la visibilité. Ensuite, la TVA sur un achat au promoteur (10% en résidence secondaire, 4% si le bien devient votre résidence principale) n'est pas couverte par le crédit et doit être payée en liquidités. En contrepartie, l'expertise réserve rarement des surprises : la valeur expertisée correspond en général au prix de vente, et la situation cadastrale et urbanistique est propre.
Oui, et un crédit immobilier ne l'empêche pas. La location de courte durée exige un CIN (le code d'identification national) affiché dans chaque annonce, la cedolare secca forfaitaire est de 21% sur le premier bien loué en courte durée et de 26% à partir du deuxième, et Milan applique des règles municipales sur les locations touristiques qui évoluent régulièrement — vérifiez l'état du droit au moment de l'achat. Côté financement, retenez que les banques ne comptent pas les loyers futurs pour calculer votre capacité d'emprunt : le prêt est dimensionné sur vos revenus actuels.
Milan, dans la plupart des cas. Un appartement en ville avec une situation cadastrale propre s'inscrit dans un marché où l'expert dispose de dizaines de transactions comparables, ce qui rend l'évaluation simple et la banque à l'aise. Le lac de Côme peut être excellent mais il est plus hétérogène — villas en bord de lac, immeubles anciens, biens avec terrain — et les comparables sont plus rares : les expertises prennent plus de temps et les prêteurs sont plus sélectifs. Les règles de quotité, elles, sont identiques : c'est le bien, pas la localisation, qui change la vitesse de la banque.
Il faut être résident dans la commune où se trouve le bien : donc oui, pour un appartement milanais, la prima casa suppose d'inscrire votre résidence à Milan. Mais pas nécessairement avant l'acte : la loi laisse 18 mois à compter de l'achat pour transférer la résidence, ce qui rend le dispositif praticable pour ceux dont l'installation est encore en cours. La prima casa débloque aussi la quotité résident plus élevée une fois la situation stabilisée : la chronologie entre résidence et demande de crédit mérite donc d'être planifiée.
Le financement est en général plus simple dans Milan, à rebours de ce qu'attendent la plupart des acheteurs. Les appartements de la couronne coûtent environ moitié moins au mètre carré et sont plus grands, mais le crédit doit tout de même dépasser le minimum bancaire d'environ 100 000 € — or un achat à 140 000 € à la quotité non-résident standard de 60% donne un crédit de 84 000 €, en dessous du seuil d'ouverture de dossier de la plupart des prêteurs. Dans Milan, le même budget offre moins de surface mais se finance presque toujours sans difficulté. La couronne fonctionne bien lorsque vous êtes résident avec un contrat italien et pouvez emprunter jusqu'à 80%, ou lorsque le bien est assez grand pour que le crédit dépasse le seuil.
Les chiffres de marché de cette page ont été compilés en août 2026 à partir de sources publiques — Agenzia delle Entrate (OMI) et indices de portails pour les prix, Ville de Milan pour la population et le tourisme, ISTAT pour les flux migratoires et les prix de la première couronne, Assolombarda pour le PIB, UBS Global Real Estate Bubble Index 2025 pour le classement. Les taux d'imposition, le taux IMU milanais et les règles de location courte durée sont ceux en vigueur en 2026 et sont fixés chaque année : vérifiez l'état du droit avant de vous y fier.